François Délivré : Entretien de Sélection du Coach

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Le métier de coach selon François Délivré, Coach, superviseur, conteur et sculpteur

Le point tranquille

Nous l’avons tous vécu dans notre métier de coach et le revivrons sans doute encore : ne pas être choisi(e) par le coaché lorsque nous sommes mis en concurrence au début d’un coaching, dans ce qu’on appelle le « shopping ». Je l’ai vécu, comme vous.

Certes, il y a des moyens pour éviter la chose, par exemple refuser tout coaching où l’on serait mis en concurrence. Mais pour la plupart des coachs, c’est impossible : beaucoup de clients imposent ce système de choix.

On peut bien sûr mettre toutes les chances de son côté en faisant preuve, lors de ce type d’entretien, d’un grand professionnalisme. Mais rien n’est garanti.

Plus on en avance dans le métier, plus on est connu comme coach, plus la brûlure d’ego est alors forte. Mais dans le même temps, plus on s’en remet vite…

Je me souviens d’un client qui m’avait posé, en fin d’entretien de shopping, une question redoutable. Il m’avait dit : « D’après vous, quels sont les critères à adopter pour choisir mon coach ? » Je lui avais alors parlé, outre les critères classiques, de l’importance d’avoir un certain « fit » avec le coach, mais pas trop. Assez pour commencer une relation de confiance, mais pas trop pour pouvoir confronter le client.

Quelques jours plus tard, le client m’annonça qu’il avait suivi mon conseil… et ne m’avait pas retenu ! J’ignore encore s’il ressentait à mon égard trop de fit ou pas assez.

Nous voilà donc avec la blessure d’ego et c’est aussi vif qu’une brûlure de cigarette sur une peau. « Me faire ça à moi ! » Quelle vexation ! Honte, honte… Les meilleurs raisonnements du monde n’ont pas d’effet pendant quelques minutes pour cette brûlure, ou quelques heures. C’est comme un concentré de deuil avec de la rage, du chagrin, des interrogations irraisonnées sur son professionnalisme.

Des échecs commerciaux, c’est très courant dans la vie professionnelle. Mais dans le coaching, c’est la personne même du coach qui intervient et la blessure est d’autant plus vive !

Un jeune coach, en ce cas, va voir son superviseur et il a raison. Un coach senior peut faire de même. Mais en attendant la séance de supervision, chacun gère comme il peut son échec, repasse le film de l’entretien.

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