Le con et le justicier : psychologie de la connerie

Pourquoi cette photo ? parce qu'un "gros con" n'avait pas compté sur un témoin tellement ses actes ne tiennent pas compte d'autrui. Hier une aile de mon véhicule, garé, a été froissée et l'avant déformé par un conducteur peu scrupuleux. Mais ce con a oublié que quelqu’un avait vu l’accident et a relevé la plaque, un justicier occasionnel ! Ce connard donc ne s'est pas arrêté à la 1ère connerie et la réparer, il en commet une deuxième, la fuite.

Une belle intro pour présenter le livre Psychologie de la connerie qui était dans mon sac et c'est avec un certain recul que j'ai agi malgré les émotions (si j'ai une blessure d'injustice, pour sûr, elle a été apaisée !). Il n'y a rien d'autre à faire que prendre du recul face aux cons !

La connerie se manifeste parfois par l'arrogance intellectuelle du con qui persévère dans l'erreur car il méprise la vérité.

Quelques extraits

La typologie des cons
Jean-François Dortier, Fondateur et directeur des magazines le Cercle Psy et Sciences Humaines
S'il existe des formes d'intelligence multiples, comme l'admettent les psychologues, il doit y avoir aussi une belle variété de conneries .... A défaut d'études plus poussées, voire d'un embryon de science de la connerie (dont ce livre jette quelques jalons), on peut commencer par un descriptif d'échantillons représentatifs.

Connerie collective
L'intelligence collective désigne une forme d'intelligence de groupe, celle des fourmis ou des neuronnes : chaque élément pris isolément n'est pas capable de grand-chose, mais un effet de groupe produit des prouesses. Par la magie d'une auto-organisation, les fourmis sont capables de construire leur fourmilière avec galeries, chambre nuptiale, garde-manger, couveuse, système d'aération ... Certaines pratiquent l'agriculture (de champignons), l'élevage (de pucerons), etc ...
Même si son fonctionnement reste encore inexpliqué, l'intelligence collective est devenue en peu de temps un modèle très valorisé qui repose sur une idée simple : le tout est supérieur à la somme des parties. La décision collective et la co-création sont meilleures que la décision individuelle.

connerie-collective.jpg
Pourtant, il arrive qu'à plusieurs on fasse pire que tout seul. L'intelligence collective a donc son pendant : la connerie collective. Ainsi, à plusieurs, notre capacité de discernement peut être sévérement réduite : des expériences célèbres réalisées par le psychologue Solomon Asch sur la norme de groupe l'ont attesté il y a longtemps déjà. Il suffit qu'une majorité de personnes défende une théorie manifestement fausse et idiote pour en entraîner d'autres sur cette voie, par effet de conformisme. Autre exemple, les fausses vertus du brainstorming : prenez un groupe de dix personnes et faites-les travailler ensemble pendant une demi-heure sur un projet (imaginer des slogans touristiques pour promouvoir une ville, par exemple). Parallèlement, faites travailler un autre groupe dans lequel chacun réfléchit individuellement. Ramassez les copies : les propositions du groupe 2 sont beaucoup plus riches et nombreuses que celles du groupe 1. Autrement dit, parfois, le tout est moins que la somme des parties.
Inutile d'ailleurs de réaliser de grandes expériences de psychologie pour illustrer la sottise collective. Tout ce qui se prouve en laboratoire s'expérimente quotidiennement dans les réunions de travail, où l'effort collectif produit autant de bêtises que si on les avait conçues seul.

Connerie artificielle
"l'ordinateur est complètement con" (1). L'affirmation ne vient pas de n'importe qui : Gérard Berry enseigne l'informatique au collège de France. Ce spécialiste d'Intelligence Artificielle n'hésite pas à prendre le contre-pied des spéculations (mal informées) sur les capacités des machines à surpasser l'intellignece humaine.
Certes, l'intelligence artificielle a fait des progès importants depuis 60 ans. Certes des machines savent reconnaître des images, traduire des textes, produire des diagnostics mzdicaux. En 2016, le logiciel Alphago de Deepmind a réussi à battre au jeu de go l'un des meilleurs joueurs mondiaux. Si la performance a impressionné, on oublie pourtant de dire qu'Alphago ne sait faire qu'une seule chose : jouer au jeu de go. Tout comme le programme Deep blue qui avait battu Kasparov aux échecs en 1996, il y a plus de 20 ans déjà. Les machines dites intelligentes ne font que développer une compétence très spécialisée et enseignée par leur maître humain. Les spéculations sur l'autonomie des machines qui "apprennent toutes seules" sont des mythes : les machines ne savent pas transférer les compétences acquises d'un domaine à un autre, alors que le transfert analogique est un des mécanismes de base de l'intelligence humaine. La force des ordinateurs, c'est la puissance de la mémoire de travail et des capacités de calcul foudroyantes.
Les "machines apprenantes" qui fonctionnent sur le principe du deep learning (la nouvelle génération de l'IA) ne sont pas intelligentes, puisqu'elles ne comprennent pas ce qu'elles font. Ainsi, le programme de traduction automatique de Google ne fait qu'apprendre à utiliser un mot dans un contexte donné (en puisant dans une grande masse d'exemples), mail il reste parfaitement "idiot" : en aucun cas, il ne comprend la signification des mots qu'l emploie.
Voilà pourquoi Gérard Berry s'autorise à dire qu'au fond "l'ordinateur est complètement con".