Manager sans stress avec la Process Com

Stressés au travail ? Victime ou auteur d’un management inefficace ou inadapté ? Des chercheurs se sont penchés sur la question et ont inventé Process Com, un outil qui permet de discerner des différentes personnalités pour y adapter son type de management et réduire le stress au travail.

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Voici un extrait d'une interview de Christian Becquereau à l'occasion de son livre Process Com® pour les managers, Manager sans stress et booster ses équipes(1)

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Vous insistez sur la nécessité de prendre conscience de son style de management? En quoi est-ce essentiel et comment faire?

Dans nos entreprises, les personnes nommées managers se forment sur le tas. Ils ont le choix entre mimer le manager qui les a marqués ou adopter un style managérial avec lequel ils auraient aimé être managés. Dans les deux cas, ils exerceront essentiellement un seul style de management.

Or, leurs collaborateurs seront, dans leur relation avec lui, dans les six personnalités de Process Com. Un style de management exercé conviendra au mieux à deux types de personnalité… dommage pour les quatre autres ! Cela se traduit par deux conséquences : le manager sera à la peine avec les deux tiers de son équipe… Les performances seront d’autant plus difficiles à atteindre.

Quant aux deux tiers des collaborateurs, ils n’ont plus qu’à attendre une prochaine réorganisation en souhaitant tomber sur un manager dont le style leur conviendra mieux… En attendant, ils survivent. Les nouvelles générations sont plus affranchies pour oser choisir leur manager. Pratiquer le modèle Process Com permet d’adapter notre style de management selon le type de personnalité que nous présente chacun de nos collaborateurs.

Si vous résumiez en quelques mots vos principaux conseils à l’usage des managers?

Mon premier conseil, c’est de ne jamais mettre personne dans une case en disant «il est telle personnalité». Chacun dispose des six types de personnalité en soi. Coller l’étiquette d’un type de personnalité sur une personne, c’est la réduire des cinq sixièmes son potentiel.

Mon deuxième conseil serait de ne pas se tromper dans l’identification du type de personnalité que nous présentent nos interlocuteurs. Les praticiens Process Com vont trouver cela très ambitieux. Et cependant, je confirme ce conseil. En effet, si le manager se trompe dans son identification, sa pratique de Process Com ne marchera pas. Mais bonne nouvelle: ni le manager, ni ses collaborateurs ne risquent de pâtir d’un quelconque effet pervers.

Cependant, quand le manager se trompe, c’est inefficace. Il peut en déduire, à tort, que Process Com n’est pas toujours efficace, laisser tomber le modèle et se priver de son apport pour la qualité de vie au travail. C’est l’un des plus gros apports transférés dans notre formation «Managez avec Process Com»: identifier en mode réflexe et sans erreur le type de personnalité que nous présentent nos interlocuteurs.

Au sujet de la qualité de vie au travail, des entreprises forment leurs managers à Process Com pour repérer le mal-être (stress), annonciateur des risques psychosociaux.

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Moins de stress, c’est plus de performance
  «Le stress est dans l’air du temps. À notre époque de loisirs, nous n’avons même plus de temps à accorder au temps. Nous n’avons plus le temps de souffler, de laisser notre machine décompresser. Tout s’enchaîne : travail, trajet pendant lequel nos Blackberry ou nos iPhone sont chauffés à blanc. À peine rentrés, après les engagements familiaux et de loisirs, c’est la télé. Nous remplissons le moindre espace de temps. Seul moment sauvegardé : le sommeil quand celui-ci n’est pas troublé par le stress ou les contrariétés. Quand le stress nous envahit, nous entrons dans une vrille infernale : fatigue, dépression, burn-out…(…) Faire en sorte que nos collaborateurs et nous-mêmes soyons le moins stressés possibles est un facteur de qualité de vie nécessaire à réaliser de grandes performances. Manager le stress est devenu une compétence à part entière du manager. »

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(1)A partir de cas concrets, le livre se présente comme un guide pour utiliser Process Com® (2) de façon simple. Le lecteur, entraîné par de nombreux exercices, saura repérer le profil de son interlocuteur, gérer les états de stress, en stopper les effets nocifs, et rétablir une coopération en un instant.

Après la lecture de cet ouvrage vous pourrez :
-Désamorcer le stress de vos collaborateurs
-Rétablir un relationnel en une seule interaction
-Mettre fin à une manipulation
-Dynamiser vos réunions d’équipe
-Etre un manager charismatique et performant dans la durée

(2)Process Com® a été créé pour la Nasa dans les années 1970 dans le but d’améliorer la collaboration entre les astronautes de profils différents.
Appliqué à l’entreprise, ce modèle permet d’identifier des comportements provoqués par le stress et de manager des personnalités variées dans des contextes professionnels tendus.


Pour aller plus loin

Vincent Vaquin : Le manager et sa personnalité

« Gérer des hommes est une activité technique au même titre que les autres. Il faut donc que le manager accepte de penser que ses traits de caractère ne sont pas les plus importants. Il existe des techniques, comme dans n'importe quel métier. Être gentil, ferme ou sympathique renvoie à la personnalité de l'individu. Or être un bon manager ne consiste pas à suivre ses penchants naturels mais à faire ce qu'il faut, de la manière qu'il faut, au moment où il le faut. »

Le soi et Rôle professionnel : Jean-Gilles Boula, Chargé de cours en Sciences Humaines (Psychologie et Sciences médicales)

« A l’inverse, dans l’expression « se prêter à un rôle », il s’agit de faire une distinction pratique entre le rôle professionnel et la personnalité. En effet, tout rôle professionnel étant foncièrement incomplet comme nous l’avons montré précédemment ( page 6 ) toute critique est bienvenue pour améliorer l’acte professionnel et la performance, car l’infirmière arrive à faire une distinction entre le rôle qu’elle joue et ce qu’elle est en tant que personne. Le moteur de la compétence est à ce prix en même temps que la personnalité devient plus forte, gagnant ainsi en confiance. Capable de fonder en raison ses actes professionnels, l’infirmière devient plus compétente, capable de travailler en équipe, promouvant de la sorte la solidarité organique de l’équipe autour des projets et des objectifs professionnels communs. C’est, professionnellement, la voie de l’autonomie, de la capacité à collaborer en équipe, à discuter et à argumenter. Une telle professionnelle est assurément plus épanouie, sur le plan professionnel autant que personnel. »