Accompagner

"Dans les livres, vous pouvez apprendre beaucoup de choses sur la psychologie mais vous découvrirez vite que cette psychologie ne sert pas à grand-chose dans la vie pratique" Jung

« Ce qu’on ne veut pas savoir de soi-même finit par arriver de l’extérieur comme un destin » C .G Jung

Toute personne chargée de s'occuper des problèmes de l'âme devrait posséder une certaine sagesse de la vie, reposant non seulement sur les mots mais surtout sur l'expérience. La psychologie telle que je la comprends n'est pas seulement un quantum de savoir, c'est aussi une connaissance de la vie. Si tant est que l'on puisse inculquer une telle connaissance, ce n'est possible qu'à partir d'une expérience personnelle de l'âme humaine et cette expérience ne peut être acquise que par un enseignement personnel, c'est-à-dire individuel, et non collectif. En Inde, la coutume veut depuis fort longtemps que toute personne quelque peu cultivée ait un gourou, un guide spirituel qui lui apprenne, et à elle seule, ce qu'elle doit savoir. Tout le monde ne doit pas savoir la même chose, et le savoir en question ne peut jamais être transmis à tous de la même façon.
C'est là ce qui fait totalement défaut dans nos universités: la relation entre l'élève et le maître. Et c'est aussi ce dont devraient disposer tous ceux qui, comme vous, souhaitent recevoir une formation en psychologie. Toute personne se sentant une vocation pour guider les âmes devrait d'abord se laisser guider par sa propre âme afin d'apprendre ce que signifie la rencontre avec l'âme humaine. Connaître la face obscure de sa propre âme est la meilleure préparation qui soit pour savoir comment se comporter face aux parties obscures des autres âmes. La simple étude des livres ne vous servirait pas à grand-chose, bien que ce soit aussi indispensable. Ce qui vous aidera le plus, c'est de pénétrer personnellement dans le secret des âmes humaines. Sans cela tout ne sera toujours qu'artifice intellectuel ingénieux, paroles creuses et discours creux. Peut-être essayez-vous de comprendre ce que je veux dire dans mes livres; si vous avez un bon ami, essayez donc de regarder ce qui se trouve derrière sa façade afin de vous découvrir vous-même. Ce serait un bon début."
C.G. Jung " Correspondance "

Eric Berne a tourné la page de la psychanalyse

"Si un homme s’est infecté le talon avec une écharde, il commence par boiter un peu et les muscles de sa jambe se tendent. Afin de compenser cette contraction, les muscles de son dos doivent se tendre aussi, puis les muscles de sa nuque, de son crâne, et il finit par avoir un fort mal de tête. L’infection lui donne la fièvre, son pouls augmente. Autrement dit, il est affecté tout entier, - sa personnalité totale – y  compris sa tête, qui se trouve atteinte aussi. Il peut même développer une obsession à propos de l’écharde et de ceux qui, peut être, l’ont mise sur son chemin. Il passera alors un temps fou auprès des hommes de loi. Toute sa personnalité est concernée.
Puis il appelle un chirurgien. Celui-ci arrive, regarde le type et dit : Bon, c’est sérieux, toute votre personne est atteinte comme vous le voyez. Tout votre corps est malade. Vous avez de la fièvre, vous respirez vite, votre pouls est élevé, et tous ces muscles, là sont tendus. Je pense qu’il faudra environ 3 ou 4 ans – mais je ne garantis pas le résultat - , dans notre profession on ne peut garantir quoi que ce soit – mais je pense que dans 3 ou 4 ans – naturellement cela dépend beaucoup de vous – nous pourrons venir à bout de cette situation. Le patient dit : Bon, euh,o.k., je vous donnerai une réponse demain. Et il va voir un autre chirurgien et cet autre chirurgien dit : Oh ! votre talon est infecté par une écharde. Il prend une petite pince et retire l’écharde, et la fièvre baisse, le pouls ralentit, les muscles de la nuque se décontractent, puis les muscles du dos se relâchent et enfin les muscles du pied. Le type revient à la normale en 4 ou 5 heures, peut-être moins.
Voilà comment la thérapie se pratique, exactement comme si vous trouviez une écharde et la retiriez. Il y a des tas de gens que cela rend furieux, qui prouveront que le patient n’a pas été complètement analysé. Cela ne se fait pas de dire : « o.k.  docteur, combien de patients avez-vous complètement analysés ? » parce que la réponse serait : « Etes-vous conscient de votre agressivité ? » Ainsi tout le monde écrit des articles, mais il y a un seul article à écrire qui s’appelle « Comment guérir les patients. » C’est le seul papier qui vaille la peine d’être écrit si vous voulez faire réellement votre travail. »